Les travailleurs et les syndicats d’UCB s’organisent |
Le 18 novembre 2009 Réunis en Assemblée Générale ce matin, les travailleurs du site UCB de Braine-l’Alleud ont mandaté leurs délégués syndicaux pour veiller à leur intérêt dans les négociations qui s’annoncent difficiles. Une procédure Renault enclenchée hier et qui concrétise des bruits de couloirs, un an seulement après le dernier plan de restructuration subi par l’entreprise. |
| Au lendemain du conseil extraordinaire annonçant l’intention de la direction d’UCB de licencier 174 personnes, les travailleurs se sont réunis ce matin pour définir leurs priorités. Le personnel a ainsi confié quatre missions principales à ses délégués. Premier point : ne pas précipiter la première phase de la procédure Renault, celle dite « d’information », en gardant pour objectif de sauver un maximum d’emplois. Deuxième point : réaffirmer que tout est à négocier. En effet, la direction s’appuie sur la dernière convention collective de travail, négociée l’année passée et valable jusqu’en décembre 2011, et n’entend pas renégocier ce qui s’y trouve (à propos des conditions de départ, des prépensions et des garanties d’emplois, par exemple). À ce stade, la priorité des syndicats est de prolonger l’application de ces conditions de licenciement jusqu’en 2013. Troisième point : reprendre la négociation en mains. Lors du conseil extraordinaire de mardi, la direction a présenté un calendrier et la marche à suivre pour toute la procédure de négociation : des rencontres par petits groupes et la diffusion de la liste des personnes licenciées avant la fin des négociations. Le but ? Casser l’action collective. Les délégués syndicaux ont donc l’intention de reprendre l’initiative lors du conseil d’entreprise de ce jeudi, en exigeant notamment que le nom des travailleurs licenciés ne soit pas divulgué avant la signature des accords. Quatrième point : prolonger la période durant laquelle les travailleurs menacés peuvent choisir le départ en prépension. Il s’agit en fait de désactiver un moyen de pression de la direction, qui exige que toutes les négociations soient clôturées d’ici février. La dernière convention collective est une fois encore invoquée par la direction : les syndicats y avaient en effet négocié la possibilité de partir en prépension jusqu’en août 2010. En comptant le préavis de six mois, les travailleurs menacés qui souhaitent bénéficier de cette prépension devraient ainsi être licenciés au plus tard en février. Les syndicats demandent donc à la ministre de l’Emploi Joëlle Milquet de prolonger cette période d’un an, comme l’explique Jean-Raymond Demptinne, secrétaire permanent régional CNE : « C’est tout simplement un moyen de faire sauter cette pression de temps, pour nous permettre de négocier dans de bonnes conditions. » Pour l’entreprise pharmaceutique UCB, il s’agit du deuxième plan de restructuration subi en un an : en février dernier, 530 travailleurs des deux sites (Bruxelles et Braine-l’Alleud) avaient ainsi déjà perdu leur emploi. L’annonce d’hier, venue confirmer des bruits de couloirs, n’était pas une surprise. « Aujourd’hui, le personnel se montre un peu fataliste, mais confiant dans les organisations syndicales. Les travailleurs nous suivront », confie encore Jean-Raymond Demptinne. |