| Les délégués de MasterCard montrent les dents |
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En sensibilisant les commerçants installés autour de leur entreprise, les travailleurs de MasterCard espèrent obtenir leur soutien : « Si la direction licencie 20 % des employés, comme elle en a l’intention, c’est autant de consommateurs en moins pour les commerces des environs, car beaucoup d’entre nous profitent du temps de midi ou d’être sur place pour faire leurs courses avant de rentrer à la maison », explique Jean-Marc, délégué CNE. La mie du jour, une petite sandwicherie installée juste en face de l’entreprise, par exemple, verrait ainsi disparaître une grosse partie de sa clientèle : « Nous avons ouvert ce commerce il y a 6 ans, à 2. Aujourd’hui, nous sommes 7 à travailler ici et j’étais très contente d’avoir pu engager des personnes au chômage. Mais si des employés de MasterCard perdent leur place, il est évident que ça va baisser pour moi aussi et je vais peut-être moi-même devoir licencier du personnel », s’inquiète Danièle De Meyer, la gérante. Au-delà de cette sensibilisation, l’objectif de l’action est aussi de « montrer les dents » à la direction. Les délégués syndicaux sont en effet loin d’être convaincus par les raisons avancées de ces licenciements : la crise et l’évolution des besoins des clients nécessiteraient, selon un communiqué du Président de MasterCard Europe Javier Perez, « une structure organisationnelle simplifiée qui s'accompagne d'un meilleur alignement fonctionnel et d'une gestion prudente des coûts. » Autrement dit, la délocalisation de certaines activités du site et la suppression pure et simple d’autres fonctions. Des mesures totalement inadéquates selon Jean-Marc : « La direction nous a remis un rapport tout à fait farfelu, incomplet et ne reflétant pas la réalité. En échange, chaque département visé par ce plan de restructuration (une vingtaine) a analysé sa propre situation et les impacts des mesures prévues sur les clients. Nous avons alors présenté des contre-propositions à la direction, qui a déjà baissé le nombre de licenciements secs à 117. » Est-ce à dire que les travailleurs ont une meilleure connaissance de la situation ? Pour Jean-Marc, cela ne fait aucun doute : « Oui, ça a été clairement démontré lors du dernier conseil d’entreprise ! La direction découvrait littéralement certaines activités, c’est assez frustrant. En fait, la direction connaît très bien l’aspect business de l’entreprise, le marché des cartes bancaires et les clients. Cette partie de l’activité n’est d’ailleurs absolument pas touchée par le plan de restructuration. Mais nous essayons de faire comprendre qu’en supprimant ou en délocalisant toutes les activités de support, comme le call center, c’est finalement l’ensemble des travailleurs qui en souffrira. » Le 17 novembre, la direction présentera un plan corrigé. « Ce sera sa position finale, a-t-elle dit, mais peut-être pas la nôtre », préviennent les délégués. |