Un projet d’accord social sous le sapin :
3. La formation professionnelle :
encore un effort, SVP...


6 perspectives pour l'avenir 1. Votre salaire va-t-il augmenter 2. Salaire minimum : deux fois 25 € bruts de mieux … 3. La formation professionnelle : encore un effort, SVP... 4. Le congé-éducation payé sera-t-il sauvé des eaux ? 5.Un an après le «pacte» : quel accès à la prépension ? 6. Un an après le «pacte» : quel droit au Crédit-Temps ? 7. Flexibilité et heures supplémentaires 8. Contrats précaires 9. Divers


Un dossier réalisé par Luca Ciccia et Felipe Van Keirsbilck

 

Depuis de nombreuses années, à chaque négociation, les employeurs s’engagent à consacrer l’équivalent de 1.9% de la masse salariale globale à la formation de leurs travailleurs. Cela signifierait énor­mément d’argent ! Par exemple, si vous avez un brut mensuel de 1.500 €, cela signifierait que votre patron dépense en moyenne chaque année environ 600 € pour votre formation. Est-ce bien votre cas ?

Or la réalité est loin de cet objectif: les dépenses de formation professionnelle plafonnent autour de 1%. Mais pour les syndicats, cet objectif global n’est de toute manière pas suffisant en soi : il ne dit rien de la qualité des formations, de l’accès égal de tous les travailleurs, etc. C’est pourquoi, l’an passé, nous avons aussi obtenu l’engagement que, chaque année, un travailleur sur deux participe à des formations : est-ce le cas dans votre entreprise ?
Dans le cadre de ce projet d’Accord interprofessionnel, nous voulions des engagements fermes : sur les budgets, mais aussi sur un droit individuel de chaque travailleur à un certain nombre de jours de formation chaque année. Nous n’avons pas pu faire admettre cet objectif par les dirigeants patronaux, qui renvoient aux toutes prochaines négociations dans les secteurs : il faudra nous en souvenir ! …

En attendant, le projet d’accord définit certaines orientations pour augmenter l’offre de formation : chaque année, chaque secteur devra

- soit augmenter de 0,1% la part de la masse salariale consacrée aux formations,
- soit augmenter de 5% la proportion de travailleurs qui bénéficient de formations. Un menu est donc connu ; rien n’est obligatoire, mais il y a un «bâton derrière la porte»: un secteur qui ne respecterait aucun des deux engagements ci-dessus devra verser une «amende» de 0,05% au fonds pour le congé-éducation payé (ci-contre).

Il est aussi recommandé de tenir compte de la situation des travail­leurs âgés, des peu qualifiés ou d’origine étrangère, et des femmes; de privilégier les «professions critiques» propres aux secteurs (celles pour lesquelles on ne trouve pas facilement de candidats) et d’adopter de nouvelles techniques pour encourager le formation tout au long de la vie.

Qu’en penser ?

On voit donc, comme pour le C-EP (encadré 4) que, pour les patrons, la formation n’est pas encore une vraie priorité: il faudra encore batailler longuement, depuis le niveau de votre entreprise jusqu’au niveau national, pour arriver à un système où la formation sera considérée comme un droit réel de tous les travailleurs.