Les effets de la crise financière se concrétisent : jour après jour, des entreprises licencient des travailleurs, parfois en grand nombre, parfois par aubaine. Autopsie d’une économie en berne.
Quatre cent cinquante pertes d’emplois à la Sonaca à Charleroi, 65 chez COGEBI à Lot, 40 sur le site de Seneffe et 163 sur le site de Fleurus d’AGC, 40 chez MCB à Awans… Voilà le triste constat que nous dressons depuis plusieurs mois suite à la crise économique et financière qui frappe notre pays, ainsi que le monde entier. Même si les perspectives économiques sont encourageantes – on parle, en effet, d’une légère reprise économique et de la fin de la période de récession, en cette fin d’année 2009 - les conséquences sur l’emploi se feront encore ressentir au moins jusqu’en 2011, le temps que les entreprises relancent leur production et retrouvent un bilan positif.
Qui sont les premières victimes ?
La Banque Nationale de Belgique parle ainsi d’une estimation de 64.000 pertes d’emploi en 2010 et d’un taux de chômage passant de 7,9 à 9% de la population belge active pour la même période. Qui sont, dans tout le pays, les premières victimes de ce contexte économique ? D’abord les jeunes, qui comptent 12,4% de chômeurs en plus en septembre 2009 par rapport à septembre 2008. Les secteurs les plus fortement touchés sont ceux de l’automobile, de l’industrie du commerce et de la distribution, de la sidérurgie et de la métallurgie, de la chimie, de la construction et de l’Horeca. La crise pèse ainsi lourdement sur les ménages car, après avoir touché les hommes dans les secteurs plus masculins, les pertes d’emploi menacent désormais les femmes, majoritaires dans les régimes à temps partiel, dans la grande distribution et le Non Marchand, notamment.
Si l’on se penche plus particulièrement sur la situation en Wallonie et à Bruxelles, le repli de l’activité économique serait de 4% dans les deux Régions, touchant principalement les secteurs financier à Bruxelles et industriel en Wallonie, selon le Bureau fédéral du Plan. On estime 29.000 pertes d’emplois en Wallonie et 16.000 à Bruxelles sur l’année 2009 et 2010, pour une croissance en 2010 faiblement positive en Wallonie et nulle à Bruxelles.
Des mesures tampons
Cependant, nous pouvons constater que notre pays résiste mieux à la crise que nos pays voisins en raison, notamment, des mesures qui ont permis de réduire le nombre d’heures prestées sans toucher au volume global de l’emploi. C’est ainsi que le nombre de personnes en chômage temporaire (ouvriers) ou en suspension collective de contrat de travail (employés) est passé de 118.510 à 158.976 sur une année. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente, sur le mois de septembre, 4.695 employés ayant subi une suspension d’au moins un jour de leur contrat de travail.
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