Après le tsunami financier, les vagues de licenciements
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Un dossier réalisé par Tony Demonte et Philippe Samek |
Les annonces de licenciements collectifs, voire les menaces de fermetures, se multiplient. Derrière les chiffres globaux – on parle de millions de chômeurs en plus en Europe – il y a chaque fois un emploi, une personne, une famille.
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Que devons-nous faire, comme syndicat, dans cette situation ? D’abord garder la tête froide, et ne pas prendre pour argent comptant les explications toutes faites qu’on nous servira. La comparaison des deux exemples ci-dessous suffit à mettre en évidence un premier point : la « crise » n’est pas toujours l’explication des menaces qui pèsent sur l’emploi. Chez Carsid (Duferco), on est dans une multinationale de l’acier, très sensible à la conjoncture, et où le ralentissement de la demande mondiale conduit à choisir de mettre à l’arrêt certaines unités, même très modernes et rentables. Chez Royal Boch, le prétexte de la crise aurait bon dos … mais il est clair que c’est la défaillance d’investissement, depuis très longtemps, qui a conduit l’usine à la faillite. Si les causes sont différentes, nos réponses doivent l’être aussi. Chez Carsid, il faut espérer que la vague passera, que des jours meilleurs reviendront, et on doit chercher à tenir le coup jusque là, si possible sans sacrifier personne – quitte à accepter tous ensemble d’y perdre un tout petit peu. Chez Royal Boch, c’est d’un repreneur et d’un véritable projet industriel nouveau dont nous avons besoin ; il ne s’agit pas de faire le gros dos, mais de repartir sur d’autres bases. Il reste que, dans tous les cas, notre responsabilité de syndicalistes est de garder du recul par rapport aux solutions toutes faites. Non le licenciement collectif n’est pas la seule réponse à une difficulté économique ; pas plus que l’improvisation à la sauvette d’un régime de chômage économique pour les employés.
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| 41 licenciements évités chez Carsid Charleroi Un pour tous, tous pour quarante et un |
Quand la crise menace, la suppression d’emplois est généralement la réponse automatique des patrons. Imposer une alternative demande de l’imagination, de la détermination, et de la solidarité. C’est pourtant possible : les employés de Carsid en donnent l’exemple. |
C’est la crise ! Les directions, les radios, les télés le rappellent tous les jours. Comme d’habitude, ce sont les travailleurs qui paient le prix fort pour une crise dont les responsables sont les capitalistes et leur économie-casino. On pourrait bien sûr écrire un nouvel article sur les causes et les remèdes à apporter à la crise ; ici, nous vous proposons, plus modestement, de traiter de ses conséquences immédiates. Bien des entreprises connaissent des chutes vertigineuses de leurs commandes et l’activité de certaines se retrouve purement et simplement à l’arrêt, et parfois durant plusieurs mois. Chômage temporaire Crédit-temps Bien entendu, l’accès au crédit-temps est un droit individuel qui ne peut être « imposé » collectivement aux employés, même par un vote majoritaire. Mais cet inconvénient a finalement constitué notre meilleur levier pour la négociation : puisque chacun-e est libre de demander – ou pas – son crédit-temps, la seule façon d’assurer le succès de la mesure était de l’améliorer suffisamment que pour la rendre attractive. De son côté, l’entreprise fait des gains substantiels, notamment sur les réductions de cotisations de sécurité sociale et sur différents frais annexes (frais fixes, heures supp qui ne seront plus prestées…). Cette opération diminuera ses coûts salariaux employés de 18% et cela malgré l’enveloppe de 630.000 euros nécessaire au financement des compensations versées aux employés. Nous nous réjouissons que la perte de revenu des travailleurs soit assez limitée ; d’un autre côté, on pourrait sans doute regretter que le bénéfice de l’entreprise se réalise surtout sur le compte de la sécurité sociale. Pourtant, faut-il le rappeler: nous sommes ici en état de légitime défense. Et par ailleurs, l’arrivée de 41 collègues sur le marché du chômage aurait coûté bien plus cher à la collectivité
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| Faillite de Royal Boch La soupe populaire servie dans la vaisselle royale ? |
Ce jeudi 26 février, le tribunal du commerce de Mons a prononcé la 4ème faillite (après celles de 1985, 1988 et 1994) de Royal Boch. Nous avons rencontré Brigitte Roland, déléguée de la CNE. Avec la faillite, le Centre perdrait une marque prestigieuse… Le délabrement de l’usine aurait dû être un signal d’avertissement. Quelle est la stratégie syndicale aujourd’hui ? Y a-t-il encore un espoir pour les 56 travailleurs encore occupés ? |