La réduction du temps de travail
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Un dossier réalisé par Angélique Widart et Etienne Lebeau |
Revendiquée depuis les premiers combats syndicaux, la réduction du temps de travail est l’une des meilleures pistes vers une société plus équitable. Bilan historique.
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La lutte pour la maîtrise du temps occupe une place centrale dans les luttes syndicales depuis leur origine. Rien d’étonnant à cela, puisque la clé de l’accumulation capitaliste réside dans la capacité des entreprises à arracher aux travailleurs un surtravail. Soit en les faisant travailler plus longtemps pour un même salaire, soit en accroissant la quantité de richesses produites par heure de travail. Produire toujours plus La première approche est privilégiée au début du capitalisme industriel (19e siècle). Dans les « fabriques du diable », les ouvriers enchaînent ainsi des journées de travail de 15 ou 16 heures, dont 13 heures de travail effectif, et des semaines oscillant entre 72 et 84 heures ! Mais début 20 ème, le patronat se rend progressivement compte que l’allongement de la durée du travail est contre-productif : d’une part il rencontre une opposition de plus en plus forte, portée par des syndicats de mieux en mieux organisés, et d’autre part des journées de travail plus longues ne conduisent plus nécessairement à un accroissement du profit. En revanche, les changements dans l’organisation du travail, avec le taylorisme et le travail à la chaîne, rendent possibles de très importants gains de productivité. C'est la deuxième approche, qui permet aux entreprises d’augmenter leurs plus-values sans devoir étendre la durée du travail. D'une réduction collective... Le pacte social de 1944 et, plus largement, le rapport de forces syndical d’après-guerre, vont ensuite garantir une répartition plus équilibrée de ces fruits de la croissance. La réduction collective du temps de travail (RTT) constitue l’une des modalités de ce compromis. À partir de 1964, des accords sectoriels abaissent ainsi la durée du travail à 40 heures/semaine. En 1973, un accord interprofessionnel la généralise à tous les travailleurs du secteur privé et la loi du 20 juillet 1978 la consolide enfin. En somme, entre 1870 et 1992, la durée annuelle de travail d’un salarié belge passe de 3000 heures/an à moins de 1600 en 1992. Une baisse de près de 50 %… Cependant, ces chiffres ne disent rien du tournant majeur des années 1980. L’émergence des politiques de compétitivité et d’un capitalisme à dominante financière a laminé le compromis productiviste. Conséquence : obtenir une baisse de la durée collective du temps de travail devient beaucoup plus difficile (graphique). ... à une réduction individuelle Si, depuis 1978, la durée légale du travail est seulement passée de 40 à 38 heures, la durée moyenne de travail a continué à baisser. Cette diminution résulte toutefois de la multiplication des dispositifs de partage du travail : prépensions, temps partiel, intérim, crédit-temps… On est donc passé d’une réduction uniformisée du temps de travail, avec compensation salariale, à un éclatement des formules RTT, sans compensation salariale (temps partiel) ou presque (crédit-temps). Alors que la RTT relevait d’une logique offensive de répartition de la richesse pour tous les travailleurs, ces nouveaux dispositifs s’inscrivent dans une logique défensive de partage d’un emploi de plus en plus rare. Ils posent en outre un problème de justice sociale, tel celui de l’emploi à temps partiel, généralement non souhaité et dévolu aux femmes. Le tabou de la RTT Les discours libéraux – « travailler plus pour gagner plus » - voudraient nous convaincre que la réduction du temps de travail est devenue une impossibilité économique. Ces propos visent en réalité à maintenir un partage des richesses favorable aux entreprises, à leurs actionnaires et à leurs équipes dirigeantes, et à faire oublier le plus rapidement possible les quelques expériences de RTT menées en Europe récemment, en particulier les « 35 heures » françaises. Car même si les modalités pratiques de celles-ci ont pu poser question, les 35 heures ont permis de créer, entre 1997 et 2002, 1,8 millions d’emplois. Abandonner la piste de la réduction collective de la durée du travail, ce serait donc se résigner à l’absurdité d’une société dans laquelle plus de 750.000 personnes sont sans emploi1 tandis que des dizaines de milliers d’autres travaillent entre 45 et 60 heures/semaine et souvent plus encore2. 1 P. Defeyt, Institut pour le développement durable, Janvier 2010.
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Les congés en chiffres |
Quel type de congés prenez-vous ? Y a-t-il des différences hommes-femmes ? Combien ça coûte ? Voici les réponses en chiffres1. |
Le congé pour raisons impérieuses Le congé de maternité Le congé de paternité Le congé parental Ce congé est en constante augmentation et risque encore d’augmenter suite à la décision, en 2009, de faire passer l’âge de l’enfant de 6 à 12 ans quant à l’ouverture du droit à ce congé. Le congé pour assistance médicale Le congé pour soins palliatifs Le congé pour soins d'accueil 1 Etude du CNT (Conseil national du travail),
15 décembre 2009.
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| Le crédit-temps en hausse |
| Le crédit-temps permet aux travailleurs du secteur privé de réduire partiellement ou de suspendre totalement leur carrière pendant un certain temps. Les plus de 50 ans peuvent également y recourir pour aménager la fin de leur carrière. Bénéficiaires : 102.164 en 2006 contre 125.025 en 2009. Femmes 63% Hommes 37% Coût budgétaire369 millions d’euros. Sur la période 2006-2009, la hausse la plus importante touche le crédit-temps 1/5 temps. Par contre, le crédit-temps temps plein est en diminution, probablement en raison des nouvelles restrictions dans les conditions d'octroi des allocations de l’Onem. La répartition hommes-femmes reste stable, les hommes faisant la demande essentiellement d’un crédit-temps 1/5 temps après 50 ans. Les femmes, quant à elles, se tournent plus vers le crédit-temps temps plein en début de carrière. Les motifs invoqués pour bénéficier du crédit-temps sont, par ordre de priorité, l’éducation d’un enfant, l’assistance à un membre de la famille, les soins à un enfant handicapé et le suivi d’une formation. |