Depuis toujours, le mouvement syndical - et particulièrement la CSC – s’est battu pour obtenir le droit à la formation tout au long de la vie.
L’aboutissement de ces longues années de lutte a eu pour résultat la mise en place du Congé-éducation payé (CEP) permettant aux travailleurs - qui souhaitent continuer une formation professionnelle et/ou sociale - de suivre cette formation tout en gardant le bénéfice de leur salaire.
Profitant des vacances, sans aucune concertation, sous la pression de son aile libérale et le silence complice du parti socialiste, le gouvernement a préparé une Arrêté Royal réduisant de façon inacceptable le droit essentiel à la formation qui est utilisé aujourd’hui par des milliers de travailleurs.
Dès l’annonce de ce projet néfaste, nous avons signifié, avec la CSC, notre position au gouvernement en exigeant une vraie concertation avant toutes modifications des dispositions existantes (voir position CSC – Info n° 35 - page 7).
Ensuite, en concertation avec la FGTB, une position commune des deux syndicats a été communiquée au gouvernement. Nous publions ci-dessous cette position du front commun syndical.
Economies camouflées dans le secteur du congé-éducation payé
La FGTB et la CSC demandent le retrait de cette mesure
Extrait du communiqué de presse en front commun du 29 août 2006 de Claude Rolin et Anne Demelenne
La CSC et la FGTB constatent en cette fin de vacances que le gouvernement fédéral a décidé le 20 juillet de procéder à de lourdes économies dans le système du congé-éducation payé, principalement par la diminution du crédit d’heures annuel autorisé par travailleur ( voir page 11).
Les mesures entreraient en vigueur dès ce 1er septembre. Aucune communication externe n’a été assurée jusqu’ici.
Ces économies sont incompréhensibles et indéfendables.
La FGTB et la CSC demandent le retrait de cette mesure.
1°La mesure d’économie est en contradiction totale avec les objectifs européens, fédéraux et régionaux qui visent à augmenter la participation des adultes à l’enseignement et à la formation. Lors de la Conférence pour l’emploi de fin 2003, le gouvernement fédéral s’était pourtant rallié à l’objectif des partenaires sociaux, à savoir la participation d’un travailleur sur 2 à une formation (sur base annuelle). Il a également souscrit à l’objectif européen visant à porter à 12,5% le taux de participation (toutes les 4 semaines) des adultes à des formations. Par rapport à ces deux objectifs, la Belgique est encore très loin d’atteindre les résultats d’autres pays.
2° L’enseignement pour adultes et l’enseignement supérieur sont particulièrement touchés par les économies annoncées. Ces enseignements organisent principalement des formations qualifiantes qui contribuent fortement à augmenter le niveau de qualification de la population active, ce qui est absolument indispensable dans une économie globalisée où la concurrence se manifeste aussi au niveau des compétences et des qualifications.
Il s’agit aussi souvent de parcours de qualification ciblés, visant la promotion sociale de groupes plus défavorisés, comme les travailleurs peu qualifiés, les allochtones,…
3° Contrairement à d’autres mesures en faveur de la formation permanente, le congé-éducation payé constitue un système très démocratique, largement à la portée des travailleurs peu qualifiés ou âgés. Les économies annoncées risquent de fragiliser encore davantage les plus faibles, ce qui est déjà la cas au niveau de la participation à la formation permanente.
(..)
La vigilance reste nécessaire car il serait étonnant que le gouvernement renonce facilement à ce projet ; une mobilisation plus active et percutante s’avérera sans doute nécessaire.