Il faut passer
... aux choses "sérieuses" !

 

Depuis plusieurs mois, il est de bon ton pour nos éminences politiques, tous partis confondus, de se répandre en déclarations selon lesquelles « il serait temps » de s’occuper des vrais problèmes « des gens». On pourrait donc en déduire, si l’on voulait les prendre au mot, que jusque là, les vrais problèmes des gens ne faisaient pas partie de leurs préoccupations ! Cela pourrait aussi vouloir dire que l’un des problèmes dont ils s’occupent le plus, c’est-à-dire la réforme de l’Etat, n’aurait que peu d’importance sur la vie quotidienne « des gens ».

Commencer par dire tous en chœur dès juin 2007 « que les francophones ne sont demandeurs de rien », occuper tout l’espace politique sur cette question pendant un an pour finir par dire qu’ils sont prêts à discuter d’une « profonde réforme de l’Etat » est une belle démonstration de surréalisme à la belge dont notre classe politique a le secret. Dès le départ, notre organisation syndicale - et particulièrement la CSC francophone - a dit qu’elle ne partageait pas cette position du « demandeur de rien », mais qu’au contraire, nous étions demandeurs de beaucoup de choses en matière de réformes de l’Etat, pour autant que cela apporte un mieux être pour les travailleurs et l’ensemble des citoyens et surtout à condition que cela ne mette pas en cause les piliers qui justifient encore aujourd’hui le maintien de l’Etat Belgique.

L’un de ces piliers, c’est d’abord et avant tout le maintien, au plan fédéral (national) de notre système de sécurité sociale, véritable monument garantissant la solidarité dans les circonstances essentielles de la vie « des gens ».

Comment imaginer qu’il y ait demain dans un même pays des montants de pensions différentes, des indemnités différentes en cas de maladie, de perte d’emploi, de handicap ou encore des allocations familiales différentes selon que vous soyez francophones, néerlandophones, germanophones ou … bruxellois !

Le maintien d’une fiscalité belge égale pour tous et qui ne permet pas le dumping économique d’une région sur les autres, ainsi que le maintien du droit du travail et des conventions collectives au plan fédéral sont les deux autres piliers que nous n’accepterons pas de remettre en cause.

Pour le reste, il est légitime, normal et nécessaire que notre Etat fédéral se réforme pour tenir compte des différences et des intérêts de ses trois régions et de ses trois communautés.

Négocier de façon responsable et respectueuse une grande réforme de notre Etat pour s’adapter aux besoins spécifiques des entités fédérées n’est pas contraire aux intérêts des citoyens, si les citoyens restent le point central et si on les implique davantage pour construire leur avenir.
Tout cela n’empêche pas de considérer que la priorité à court terme est bien de donner un coup d’arrêt à la spirale galopante de l’augmentation des prix et de rétablir le pouvoir d’achat, particulièrement pour les moyens et les bas salaires, ainsi que pour celles et ceux qui doivent survivre avec des allocations sociales tout à fait insuffisantes.

Avec la rentrée sociale, un gros dossier revient sur la table, il s’agit de l’harmonisation du statut des ouvriers et des employés.
Sur ce sujet, essentiel pour nos affilié-es, une large consultation est en cours pour définir la position de la CNE et de la CSC. Par ailleurs, les trois centrales d'employés (CNE-LBC-SETCa) ont réagi à des attaques parues dans la presse flamande par un communiqué commun que vous pouvez lire ci-contre.

La négociation d’un nouvel accord interprofessionnel comprenant le maintien intégral de l’indexation et l’augmentation des salaires occupera aussi une place importante de cette rentrée sociale.

Tenant compte des déclarations inacceptables des employeurs et de certains partis politiques, il serait fort étonnant que nous ne devrions pas passer à l’action pour nous faire entendre !

 

 

 

 

Raymond COUMONT
Secrétaire Général