Mea culpa et larmes de crocodile … |
Il ne se passe pas un jour sans que la « crise financière et économique » se rappelle à nous à travers les médias nationaux et mondialisés. Les nouvelles alarmantes et les chiffres catastrophiques sur les pertes d’emplois prévisibles ou réelles se succèdent ; pour des milliers de travailleuses et travailleurs, il ne s’agit pas seulement de « mauvaises nouvelles pour leur avenir », mais bien de la dure réalité du présent. Les centaines de faillites ou de restructurations de ces derniers mois ont jeté à la rue des milliers de travailleur-ses et personne n’est épargné : ouvriers, employés, cadres, hommes, femmes, jeunes et anciens, qualifiés et non-qualifiés. Des milliers d’ouvriers sont aussi venus grossir les rangs du chômage économique partiel. Phénomène nouveau : toutes les Régions sont dans la tourmente, y compris celle qui affichait – il y a quelques mois encore – une situation économique triomphante et dont certains leaders politiques et économiques faisaient, du haut de leur superbe, la leçon et la morale aux autres Régions. La Wallonie a subi pendant des années le poids et les conséquences des restructurations massives de ses grands secteurs économiques de base, nous savons malheureusement ce que cela veut dire. La Flandre mesure aujourd’hui le poids de sa dépendance à la politique des multinationales, notamment dans le secteur de l’assemblage automobile ; non seulement dans le secteur, mais aussi dans les milliers d’emplois de sous-traitance qui en dépendent. Comme en Wallonie, certaines régions de Flandre pourraient connaître ces prochaines années le drame des déclins cumulatifs liés à la récession de certains secteurs, grands pourvoyeurs d’emploi. Quant à Bruxelles, même si par son statut de capitale européenne, la Région a vu l’emploi augmenter très fort dans les activités tertiaires et de services, elle est confrontée à un chômage massif des jeunes qui n’ont pas été formés à occuper les types d’emplois qui se sont développés dans la Région. Parallèlement à tout cela, nous observons que du côté de l’Union Européenne, c’est beaucoup trop le sauve qui peut et le chacun pour soi. La façon dont la France et l’Allemagne veulent organiser le sauvetage de leur secteur automobile s’appelle tout simplement du protectionnisme même si la Commission Européenne tente de camoufler cette vilaine farce sous de beaux habits du dimanche. En Belgique aussi on voit s’afficher la tentation du chacun pour soi et la façon dont la Flandre a bloqué le plan de relance du gouvernement fédéral, dont il a fallu extraire une partie essentielle concernant le soutien à l’emploi, en est la manifestation la plus visible. Heureusement, les organisations syndicales, et il faut le reconnaître, les organisations patronales continuent à affirmer qu’en cette matière, c’est d’abord tous ensemble qu’on sera efficace, même s’il faut adapter les politiques économiques, de l’emploi et de l’enseignement au niveau des spécificités de chacune des Régions. Prenons garde à ne pas nous diviser, car pendant ce temps-là, les plus grands responsables du marasme financier restent assis sur les matelas de milliards dont ils sont toujours propriétaires et s’activent chaque jour, non seulement pour faire payer à la collectivité le prix de leurs erreurs et de leur rapacité, mais surtout pour veiller à ce que rien ne change en profondeur qui pourrait remettre en cause l’économie casino qui les a si bien enrichis. Car en fait, lorsque les dirigeants politiques de Droite, comme le Président français Sarkozy, semblent s’en prendre durement aux financiers et au patronat, c’est parce qu’ils appliquent une stratégie bien connue : faire semblant de vouloir tout changer, pour garantir que tout reste comme avant. Dans cette situation de crise profonde, les partis politiques démocratiques et progressistes, les organisations syndicales et les associations alternatives ont une occasion unique d’imposer tous ensemble des modifications fondamentales aux règles du jeu du capitalisme mondial. Si nous ne le faisons pas, nous porterons une lourde responsabilité historique vis-à-vis des travailleurs d’aujourd’hui et des générations futures.
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