Une bombe à retardement |
Pourquoi le chômage n’augmente-t-il pas plus ? » : c’est le titre surprenant d’une étude diffusée ce mois d’avril par l’Institut pour un Développement Durable (IDD. Titre surprenant au premier abord, car chacun d’entre nous se contenterait sans doute que les chiffres soient « moins pires » que les prévisions. Finalement, une hausse de 30.000 chômeurs complets en 2009 au lieu de 50 ou 60.000 annoncés au début de la crise… on pourrait être tenté de voir ceci comme une bonne nouvelle – il n’y en a pas tant pour nous rassurer. Or, la lecture de cette étude (www.iddweb.be) montre au contraire à quel point nous nous devrions nous inquiéter de la question du chômage. D’une part, parce que l’augmentation « modérée » dissimule d’autres formes de sous-emploi (temps partiel, chômage temporaire, demandeurs d’emploi dépendant des CPAS…) ; et d’autre part parce que cette augmentation (probablement une centaine de milliers de personnes en 2009 et 2010) vient aggraver une situation qui était déjà catastrophique – même si beaucoup de « responsables » ont l’air de s’y être habitués. En 2010, le nombre réel de demandeurs d’emploi condamnés au chômage sera d’environ 700.000 personnes ! Comme organisation syndicale, c’est un chiffre et une réalité que nous ne pouvons à aucun moment oublier. Face à chaque message de destruction d’emplois, nous lutterons pour sauvegarder le plus possible de vrais emplois, comme nos collègues le font courageusement chez Carrefour. Mais aussi, face à chaque grand débat politique ou syndical, nous devons conserver à l’esprit le scandale permanent de ce chômage massif. C’est pourquoi ; dans le grand débat à venir sur les pensions, nous continuerons à poser cette question dérangeante : quel sens y a-t-il à vouloir forcer les travailleurs âgés à rester plus longtemps au boulot, quand des dizaines de milliers de jeunes chômeurs attendent désespérément ? C’est pourquoi, dans le débat sur l’harmonisation des statuts « employé » et « ouvrier », nous nous mobiliserons fortement sur le point central du préavis car, comme nous l’expliquons sur le site www.laisseznousvousvirer.be, un bon préavis est la meilleure protection de l’emploi, et tout le monde y a droit. C’est pourquoi, face au plan d’activation des chômeurs – souvent dénoncé comme une « chasse aux chômeurs » - nous nous rallions au mouvement des travailleurs sans emplois de la CSC : un chômeur peut être sanctionné parce qu’il a refusé un emploi convenable, mais pas parce qu’il n’a pas trouvé un emploi qui n’existe pas !
|
|